Depuis le traité entre Rome et la Macédoine en 205 av. J.-C., les deux nations ont maintenu une paix malaisée et hostile. Rome était toujours occupée avec Carthage, mettant fin à la guerre avec la victoire sur Hannibal à Zama en 202 av. J.-C., et les actions hostiles continues de Philippe V de Macédoine ont dû être temporairement ignorées. Pendant la période intermédiaire entre la première et la deuxième guerre macédonienne, Philippe a pleinement profité de l’apparente indifférence de Rome.

En 203 av. J.-C., Philippe, ayant gagné quelques terres en Illyrie au cours de la première guerre, a pressé son avantage dans la région en gagnant plus de territoire dans le protectorat romain. Les objections romaines finirent par modifier le tact de Philippe, mais ne firent que le rapprocher d’un nouveau conflit avec Rome. Il étendit son influence sur les cités grecques de son sud plutôt que sur l’Illyrie au nord, qui étaient auparavant considérées comme étant sous la protection de Rome. En 202 avant J.-C., Philippe et Antiochus III de Syrie concluent un accord secret pour étendre leurs propres territoires. L’objectif était de diviser les possessions de la monarchie égyptienne, en proie à des troubles civils et gouvernée par l’enfant-roi Ptolémée V. Antiochus se dirigea vers le sud de la Syrie et d’autres parties de l’actuel Moyen-Orient, tandis que Philippe se détournait de l’agression romaine à l’ouest. Sa cible était la Thrace et le contrôle des importantes voies de navigation de la mer Noire à la Méditerranée.

En 201 av. J.-C., Philippe était pleinement en guerre avec la puissante flotte de la nation insulaire de Rhodes, et avec Attale, roi de Pergame en Asie Mineure. Les pertes subies lors des combats contre ces nations ont incité les Grecs qui étaient tombés sous le contrôle de la Macédoine à se soulever et à demander l’aide de Rome. Une mission diplomatique de Pergame, Rhodes et Athènes est arrivée à Rome la même année, avec pour objectif d’obtenir une intervention romaine. Bien qu’initialement rejetée par le Sénat, il devint rapidement évident qu’il fallait traiter avec Philippe, soit sur le territoire macédonien à ce moment-là, soit plus tard après avoir potentiellement accumulé assez de force pour envahir l’Italie. Des ambassadeurs ont été envoyés à Philippe pour exiger son retrait des territoires des alliés de Rome, ce qui a été catégoriquement rejeté.

En 200 av. J.-C., Philippe a envoyé une armée pour envahir l’Attique, un territoire appartenant à Athènes tandis qu’il commandait une force contre les villes côtières de Thrace. Un nouveau rejet des demandes romaines de cesser et de se désister, a provoqué la déclaration de guerre. Les raisons invoquées par Rome étaient de garantir l’indépendance des cités grecques, mais certainement aussi dans le but subversif d’étendre l’influence romaine à l’est. La même année, le consul romain Galba prend le commandement de 2 légions, et la guerre est lancée.

À la fin de l’année 200 av. J.-C., Galba fait des raids sur les villes frontalières macédoniennes et se déplace en Illyrie afin d’induire certains des gains de Philippe dans cette région. Une flotte a été envoyée autour de la côte grecque pour les aider à repousser les sièges macédoniens, et les Aétoliens ont été convaincus de rejoindre une fois de plus les Romains contre Philippe. Pour le reste, le début de la campagne est plutôt calme, aucun des deux camps ne prenant l’avantage. Galba et son successeur, P. Villius Tappula, ont essentiellement passé 2 ans dans une impasse virtuelle.

T. Quictius Flaminius est monté à la tête des Romains en 198 avant JC, et a immédiatement entrepris de porter la guerre à Philippe. En négociant avec le roi macédonien, Flaminius se fit le champion de la liberté des cités grecques et exigea le retrait macédonien de toute la Grèce. Bien entendu, Flaminius a refusé, mais il a obtenu le résultat souhaité, l’entrée de la Ligue grecque achéenne dans la guerre en tant qu’alliée de Rome. Flaminius engagea ensuite Philippe à la rivière Aous, et gagna un engagement mineur qui ouvrit une voie d’invasion vers la Thessalie. Avec l’avenue maintenant ouverte, les Romains se déplacent dans le territoire macédonien et assiègent plusieurs villes jusqu’à ce que l’hiver le force à se retirer à Phocis jusqu’au printemps.

De nouveau, les deux parties se rencontrent pour des négociations à la fin de l’année 198. Flaminius a utilisé son intelligence politique pour se mettre en place soit pour une future campagne, soit pour mettre fin à la guerre. S’il avait perdu ses pouvoirs consulaires à la fin de l’année, des conditions auraient pu être négociées pour mettre fin à la guerre, mais s’il était réélu, il souhaitait continuer le combat. Retardant Philippe dans les discussions, il demanda aux Macédoniens d’envoyer un émissaire à Rome pour discuter des termes exacts de la paix. Pendant que l’envoyé était en route, Flaminius apprit qu’il conserverait en fait ses pouvoirs consulaires pour la saison suivante et s’arrangea pour que les négociations de paix échouent au Sénat en raison du manque de soutien populaire. Nouvellement inspiré par sa chance de gagner la guerre sur le champ de bataille, plutôt qu’au Sénat, Flaminius se mit à planifier la prochaine campagne.

Ouvrant la campagne de printemps, Flamininus conduisit ses deux légions vétérans ainsi qu’un fort compliment (8 000) de Grecs principalement aetoliens en Thessalie. Philippe réagit à la conquête de plusieurs de ses villes régionales en affrontant les Romains avec environ 25.000 hommes. Les deux armées se rencontrèrent à Cynoscephalae en 197 av. Dans la première rencontre à grande échelle entre la légion romaine et la phalange macédonienne classique, la flexibilité des légionnaires s’est avérée supérieure. Enfermés dans leurs propres tactiques rigides, les Macédoniens ont été submergés par Flaminius qui a contré les tactiques de Philippe par diverses manœuvres stratégiques. Avec une défaite écrasante, Philippe n’avait pas d’autre choix que de s’entendre sur des conditions défavorables.

En 196 av. J.-C., les termes du traité étaient négociés et Philippe devait renoncer à toute revendication sur le territoire grec, envoyant les cités-États sous le protectorat de Rome. Il dut payer 1 000 talents en or comme tribut. Il reste cependant maître de la Macédoine. Les Romains considéraient Antiochus III en Syrie (et qui s’étendait désormais en Asie Mineure) comme une menace considérable, et ils voyaient en Philippe un dirigeant capable de faire tampon. Les termes du traité incluaient également que toutes les cités grecques d’Asie Mineure étaient désormais sous la protection de Rome, visant clairement à contrecarrer l’expansion syrienne dans ce territoire.

Rome, si peu de temps après la fin de la deuxième guerre punique et avec une main-d’œuvre disponible limitée, n’était pas en mesure de continuer à garnir les cités grecques, mais le politiquement astucieux Flaminius a utilisé ce fait de nécessité militaire à l’avantage de Rome. Lors des jeux d’Isthme, en Grèce, au cours de l’été 196 avant J.-C., Flaminius annonça le « traité de liberté ». La Grèce n’aurait plus de garnison ni de Rome ni de Macédoine et serait libre de vivre sa vie selon ses propres lois et coutumes. S’attirant une grande admiration de la part des Grecs qui durera des siècles, Flaminius a également atteint un autre objectif important. Dans l’incapacité d’assurer la garnison des Grecs eux-mêmes, l’admiration et la gratitude des Grecs envers Rome pour son rôle dans la défaite de la Macédoine leur assurerait amitié et loyauté. En évitant le bourbier de la politique grecque, Rome étend son influence à l’est sans avoir besoin de garnisons légionnaires permanentes. En 196 av. J.-C., les Romains avaient retiré toutes leurs forces de la Grèce, tout en obtenant essentiellement un royaume client obéissant et tout le tribut correspondant qui allait avec.

Guerres puniques et expansion – Table des matières

  • Première guerre punique
  • Guerres illyriennes
  • Conquête de la Gaule cisalpine
  • Deuxième guerre punique
  • Première guerre macédonienne
  • . Seconde guerre macédonienne
  • Guerre de Syrie
  • Troisième guerre macédonienne
  • Quatrième guerre macédonienne et guerre achéenne
  • Troisième guerre punique

Savez-vous que …
La phalange macédonienne est une formation d’infanterie mise au point par Philippe II et utilisée par son fils Alexandre le Grand pour conquérir l’empire perse.

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